Aînée atteinte d’Alzheimer envoyée en détention : un système qui peine à évaluer les besoins

6 août 2026

Après avoir réagi avec vigueur à LCN concernant l’arrestation d’une septuagénaire atteinte de la maladie d’Alzheimer dans une résidence privée pour aînés (RPA), la directrice générale du RPCU, Sylvie Tremblay, a poursuivi la réflexion sur les ondes de QUB Radio, à l’émission de Francis Gosselin.

Au-delà du choc suscité par cette affaire, elle y voit le symptôme de failles plus profondes dans l’évaluation des besoins des personnes aînées, leur prise en charge et la préparation des milieux de vie.

Une évaluation parfois trop floue

Toutes les RPA n’accueillent pas la même clientèle. Les résidences de catégories 1 et 2 s’adressent généralement aux personnes les plus autonomes, tandis que les catégories 3 et 4 hébergent des personnes présentant des besoins plus importants, notamment en raison de troubles cognitifs ou d’une perte d’autonomie.

Or, selon Sylvie Tremblay, le processus permettant d’évaluer le degré d’autonomie des résidents demeure parfois trop flou, ce qui peut entraîner un décalage entre les besoins réels d’une personne et les services qui lui sont offerts.

« Beaucoup de personnes âgées sont en catégorie 3 et c’est assez inquiétant pour nous, car elles n’ont pas assez de suivi et leur état peut se dégrader rapidement », a-t-elle affirmé à QUB Radio.

Pour le RPCU, cette situation rappelle que l’état d’une personne vivant avec un trouble neurocognitif peut évoluer rapidement. Une suivi continu est nécessaire pour déterminer le meilleur milieu de vie et les services en fonction des besoins.

Quand une crise révèle les limites du système

Empoignée, menottée, puis conduite en détention alors qu’elle était désorientée : cette histoire, révélée par Félix Séguin et Élisa Cloutier, du Bureau d’enquête du Journal de Montréal, continue de susciter de nombreuses réactions et questions.

Au-delà du geste lui-même, Sylvie Tremblay s’inquiète des conséquences psychologiques qu’un tel événement peut avoir sur une personne atteinte de troubles cognitifs, dont la maladie d’Alzheimer.

Pour le RPCU, cette affaire soulève également des enjeux liés à la gestion des situations de crise, à la formation du personnel et aux mécanismes d’intervention lorsqu’une personne présente des comportements associés à un trouble neurocognitif.

Une réalité préoccupante

Au-delà de ce cas particulier, le RPCU estime que cette histoire interpelle l’ensemble de la société.

Avec le vieillissement de la population, les troubles neurocognitifs toucheront un nombre croissant de Québécois. Les résidences privées pour aînés, les établissements de santé, les proches et l’ensemble des intervenants devront être mieux préparés à accompagner cette réalité.

Dans ce contexte, nous devons nous demander si nos milieux sont réellement prêts à accueillir ces personnes avec toute la compréhension et les ressources qu’elles méritent….

Le RPCU souligne que les comités des usagers ont un rôle essentiel à jouer pour faire connaître les droits des personnes aînées, recueillir leurs préoccupations et contribuer à l’amélioration continue de la qualité des soins et des services.

Par ailleurs, ce drame rappelle également l’importance, pour les proches aidants, de demeurer vigilants quant à l’évolution de l’état de santé de leurs proches et à la capacité du milieu de vie à répondre à leurs besoins.

Le RPCU invite les familles à poser des questions, à s’informer et à réévaluer régulièrement si les services offerts demeurent adaptéslire notre autre article sur ce sujet.

Pour écouter l’entrevue complète de Sylvie Tremblay à QUB Radio, cliquez ici – à partir de 10 min 55.

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