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Appels répétés aux ambulances : les RPA doivent revoir leurs pratiques auprès des aînés

14 octobre 2026

Les appels répétés aux ambulances en provenance de résidences privées pour aînés (RPA) soulèvent des questions préoccupantes sur la prise en charge des personnes âgées vulnérables. De passage à l’émission Le Québec maintenant, animée par Gino Chouinard au 98,5 Montréal, Sylvie Tremblay, directrice générale du Regroupement provincial des comités des usagers (RPCU), réclame des changements rapides : les résidences doivent disposer de ressources suffisantes et de personnel formé pour répondre adéquatement aux besoins de leurs résidents.

Dans un article du Journal de Montréal, des paramédics dénoncent une hausse des appels qu’ils jugent abusifs ou non urgents en provenance de RPA et de centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD). Ces interventions mobilisent les services ambulanciers et contribuent à la pression exercée sur des urgences déjà engorgées.

Pour Sylvie Tremblay, l’essentiel est de rappeler que les personnes âgées qui ont besoin d’aide ne doivent pas faire les frais des lacunes dans l’organisation des services.

« Quand les personnes âgées ont des problématiques, souvent, les employés sont insuffisants les soirs et les week-ends. Donc, il arrive quelque chose et, très rapidement, on appelle l’ambulance. C’est ça qu’il faut corriger le plus rapidement possible. Il faut absolument qu’il y ait des ressources suffisantes de qualité avec une formation pour être capable d’encadrer un peu les demandes », explique-t-elle en entrevue.

Des ressources à la hauteur des besoins

Une chute, un problème de pression artérielle ou une perte de mobilité peut nécessiter une évaluation et une intervention adaptées. Or, lorsque le personnel est insuffisant ou n’a pas la formation nécessaire pour accompagner une personne âgée vulnérable, le recours à l’ambulance peut devenir une réponse rapide à une situation qui aurait parfois pu être prise en charge autrement.

Durant l’entrevue, Sylvie Tremblay évoque notamment le cas rapporté de paramédics appelés dans une résidence pour utiliser un lève-personne, faute de personnel suffisamment formé sur place.

Pour le RPCU, ce type de situation révèle des lacunes qui doivent être corrigées. Les personnes âgées qui choisissent une RPA doivent pouvoir compter sur des services correspondant à leurs besoins, particulièrement lorsque leur état de santé se détériore ou qu’elles deviennent plus vulnérables.

« Il faut vraiment que les ressources privées pour aînés aient le calibre qu’il faut dans un contexte où on demande de traiter les personnes âgées avec dignité et respect », affirme-t-elle.

Elle rappelle également que l’hébergement en RPA représente une dépense importante pour de nombreuses familles. Certaines personnes paient plusieurs milliers de dollars par mois pour leur logement et les services associés. Elles sont en droit de s’attendre à ce que les services promis soient rendus et que leur sécurité soit prise au sérieux.

Des gestes concrets demandés

Au-delà des appels aux ambulances, Sylvie Tremblay soulève une question fondamentale : quelle responsabilité collective avons-nous envers les personnes âgées qui vivent dans des milieux d’hébergement?

Elle rappelle que ces personnes doivent être traitées avec dignité et respect et que les résidences doivent avoir les moyens de répondre à leurs besoins. Elle évoque également la possibilité que certaines défaillances organisationnelles s’apparentent à de la maltraitance systémique, en insistant sur la nécessité de changer les choses.

Pour le RPCU, le pacte social envers les aînés ne peut se limiter à des déclarations de principe. Il doit se concrétiser par des exigences claires, des ressources suffisantes, une formation adaptée du personnel et une prise en charge qui évolue avec les besoins des résidents.

La certification des RPA constitue une occasion de renforcer ces exigences. Sylvie Tremblay indique que le RPCU suivra de près la reprise de cet exercice, notamment pour que la capacité des résidences à prendre en charge les personnes vulnérables soit véritablement considérée.

Pour écouter l’entrevue complète au 98,5 Montréal, cliquez ici!

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