Les délais d’attente pour une chirurgie ne se résument pas à un nombre de jours ou de mois sur une liste. Pour les usagers qui attendent, ils peuvent entraîner une perte d’autonomie, une détérioration de l’état de santé et une dépendance accrue envers leurs proches.
C’est le constat dressé par Sylvie Tremblay, directrice générale du Regroupement provincial des comités des usagers (RPCU), lors d’une intervention à l’émission Mario Dumont, à QUB Radio, le 30 septembre. L’entrevue était consacrée au témoignage bouleversant d’un homme de 68 ans, en attente d’une double chirurgie à la hanche et au genou.
En raison de ses douleurs et de sa mobilité réduite, cet homme se déplace avec des béquilles depuis un an et doit maintenant compter sur sa mère, âgée de 85 ans, pour l’aider à la maison.
« C’est plus que de la tristesse. C’est une proche aidante de 85 ans qui aide son fils qui est handicapé parce qu’il n’est pas opéré », a souligné Sylvie Tremblay, rappelant que ce type de situation est loin d’être exceptionnel.
Des conséquences qui dépassent la chirurgie
Pour la directrice générale du RPCU, les délais d’attente ont des répercussions qui vont bien au-delà du problème de santé pour lequel une personne est en attente.
Perte de mobilité, prise de poids, perte de masse musculaire, augmentation de la consommation de médicaments antidouleur et perte d’autonomie peuvent notamment s’ajouter à la condition initiale.
« Les gens s’handicapent le reste de leur santé », a-t-elle résumé.
Sylvie Tremblay a également dénoncé les difficultés vécues par les usagers lorsqu’ils cherchent simplement à obtenir de l’information sur leur situation.
Selon les témoignages reçus par le RPCU, certaines personnes peinent à savoir où elles se situent dans le processus, à obtenir des nouvelles ou à comprendre les prochaines étapes.
« On appelle, ça raccroche… quelle inhumanité », déplore Mme Tremblay. Une situation qu’elle qualifie d’inhumaine lorsqu’un usager, déjà vulnérable, se retrouve sans réponse ou voit sa situation administrative repartir à zéro.
Remettre l’usager au cœur du système
Pour le RPCU, une personne inscrite sur une liste d’attente ne devrait pas être laissée seule jusqu’au jour de son intervention. Le suivi devrait plutôt se poursuivre pendant cette période afin de tenir compte de l’évolution de son état et de ses besoins.
« On va vous redonner des nouvelles dans quelques mois pour voir où ça en est. Est-ce que vous allez mieux? Est-ce que ça va mal? Est-ce que vous avez besoin d’aide à domicile? Est-ce que vous avez besoin qu’on vous accompagne? », a proposé Mme Tremblay.
Une approche qui, selon elle, ne relève pas nécessairement d’une transformation complexe du système, mais d’un principe fondamental : maintenir un lien humain avec les personnes qui attendent des soins.
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