L’histoire est bouleversante. Révélée par Félix Séguin et Élisa Cloutier, du Bureau d’enquête du Journal de Montréal, elle raconte comment une femme de 70 ans atteinte de la maladie d’Alzheimer a passé une nuit en détention à la suite d’une altercation survenue dans sa résidence privée pour aînés (RPA). Au-delà de l’indignation qu’elle suscite, cette affaire soulève d’importantes questions sur l’accompagnement des personnes vivant avec un trouble neurocognitif, la formation des intervenants et la bientraitance.
Invitée à commenter cette affaire à LCN, la directrice générale du RPCU, Sylvie Tremblay, estime que cette histoire « d’horreur » doit servir d’électrochoc.
« Je n’avais encore jamais vu ça de ma vie – une personne âgée qui a des problèmes cognitifs et qui se fait arrêter sur son lieu d’hébergement. Ceci est plus qu’innaceptable… c’est intolérable. C’est horrible », déplore-t-elle.
De nombreuses questions soulevées
Au-delà des circonstances entourant l’arrestation, plusieurs questions demeurent quant à la gestion de la situation par la résidence privée pour aînés (RPA). Pourquoi cette dame, compte tenu de l’évolution de sa maladie, se trouvait-elle dans un milieu qui semblait ne plus être en mesure de répondre à ses besoins? Pourquoi personne n’est-il intervenu avant que la situation ne dégénère jusqu’à une arrestation?
Pour Sylvie Tremblay, cette affaire met en lumière les limites de certaines ressources lorsqu’elles accueillent des personnes présentant des troubles neurocognitifs importants. « Il faut que le gouvernement s’en mêle […] avec des gens formés et dédiés aux personnes âgées qui présentent des troubles graves du comportement, pour les stabiliser, les soigner et faire preuve d’humanité envers elles. »
Mme Tremblay souligne qu’une personne vivant avec un trouble neurocognitif majeur nécessite une évaluation continue de ses besoins et un milieu de vie en mesure d’y répondre adéquatement. Lorsqu’une résidence n’est plus capable d’assurer des soins sécuritaires et adaptés, la situation doit être réévaluée rapidement.
L’importance de demeurer vigilant
Pour le RPCU, cette histoire fait également ressortir le rôle essentiel des proches aidants. Lorsqu’un proche vit avec des troubles cognitifs importants, il est important de demeurer attentif à la qualité des soins et des services offerts, ainsi qu’à la capacité du milieu de vie à répondre à l’évolution de ses besoins.
« Si vous êtes proche aidant, soyez vigilant. Lorsque vos parents n’ont plus conscience de leur environnement ou présentent des problèmes cognitifs graves, évaluez la capacité de la ressource à répondre à leurs besoins : est-elle accessible? Les soins sont-ils prodigués avec humanité? Le personnel est-il formé? C’est le minimum. »
Cette afffaire rappelle également l’importance de faire de la bientraitance un véritable réflexe dans tous les milieux de vie accueillant des personnes aînées. Car la prévention de la maltraitance ne passe pas seulement par des politiques ; elle repose aussi sur la formation, les ressources disponibles, les approches cliniques et la capacité des équipes à désamorcer les situations de crise.
Pour écouter l’entrevue complète de Sylvie Tremblay sur les ondes de LCN, cliquez ici.


