Rendez-vous médicaux les soirs et weekends : Les usagers attendent toujours des résultats

13 August 2026

Alors que les médecins de famille s’étaient engagés à offrir davantage de rendez-vous les soirs et les fins de semaine, les données les plus récentes publiées par Le Devoir montrent que la situation a très peu évolué au cours des derniers mois.

Pour le Regroupement provincial des comités des usagers (RPCU), ce constat est particulièrement préoccupant : les usagers devaient être les premiers bénéficiaires des changements issus de la négociation – et de l’entente de principe conclue entre Québec et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), en décembre dernier.

Dans le cadre de son reportage, la journaliste Marie-Michèle Sioui s’est penchée sur l’évolution de l’offre de rendez-vous en médecine familiale en dehors des heures habituelles. Et les chiffres rapportés sont peu encourageants…

Entre janvier 2024 et le 5 août 2026, 62 % des consultations offertes par les omnipraticiens ont eu lieu les mardis, mercredis et jeudis, soit en plein cœur de la semaine. Cette proportion est demeurée pratiquement stable au fil de la période observée.

Et les plages horaires offertes le soir, les week-ends et les jours fériés demeurent extrêmement limitées, atteignant à peine 5 % à 6 % les weekends.

Pour le RPCU, ce constat soulève une question importante : quels bénéfices concrets les usagers retirent-ils de la négociation si l’accès aux rendez-vous ne s’améliore pas?

« Les usagers n’ont pas plus accès »

Devant ce constat, la directrice générale du RPCU, Sylvie Tremblay, ne cache pas sa déception.

Lorsqu’elle a pris connaissance des données rapportées par Le Devoir, elle dit avoir « fait tomber tous les saints du ciel »!

« Je suis vraiment en colère, parce qu’on nous avait promis une augmentation de plages horaires, [on nous avait dit] qu’avec la négociation, on aurait plus de services, que les usagers auraient de l’accès. [Et] ce qu’on voit, c’est qu’il n’y a absolument rien qui a changé avant et après la signature. Les médecins ont eu de l’argent et les usagers n’ont pas plus accès », déplore-t-elle.

Pour le RPCU, l’enjeu dépasse largement la question des horaires de travail. Il est question de l’accès réel aux soins, notamment pour les personnes qui travaillent durant les heures habituelles : les parents, les proches aidants et les personnes qui doivent composer avec des contraintes importantes pour obtenir un rendez-vous.

Doit-on rappeler que les plages offertes le soir et le weekend peuvent permettre à un grand nombre d’usagers de consulter sans devoir s’absenter du travail ou bouleverser leurs responsabilités familiales?

Des résultats attendus

Le RPCU estime qu’il faut maintenant aller au-delà des promesses et des intentions. Les changements annoncés doivent se traduire par une amélioration mesurable et concrète de l’accès aux soins.

Parce qu’au bout du compte, ce sont les usagers qui doivent être les premiers à constater les bénéfices des changements apportés au réseau. Et pour l’instant, les données ne semblent pas montrer que la situation a suffisamment changé.

Le RPCU continuera de suivre l’évolution de l’accès aux services et de porter la voix des usagers afin que les engagements pris se traduisent réellement par de meilleurs services, au moment où la population en a besoin.

Pour consulter l’article complet du Devoir, cliquez ici.

Le RPCU réagit sur les ondes du 98,5 FM

À la suite de la publication de l’article de Marie-Michèle Sioui dans Le Devoir, Sylvie Tremblay a réagi sur les ondes du 98,5 FM, dans le cadre de l’émission de Philippe Cantin.

« Quand vous êtes malade, vous avez quelque chose, est-ce que vous choisissez votre heure? Non. […] Le réseau de la santé, ça doit être accessible et pour des personnes âgées et vulnérables, le plus de plages offertes possible », a-t-elle martelé.

Retrouvez le segment de l’entrevue au 98,5 FM ici!

Partger cet article