Si la proportion de chambres climatisées augmente graduellement dans certains CHSLD du Québec, le problème est loin d’être réglé. Pour le RPCU, les améliorations observées dans certains établissements ne répondent toujours pas aux besoins réels des résidents, particulièrement dans les bâtiments les plus vétustes.
Réagissant à un reportage du journaliste Daniel LeBlanc dans Le Droit sur la situation en Outaouais, la directrice générale du RPCU, Sylvie Tremblay, estime que l’ouverture des nouvelles maisons des aînés améliore les statistiques, sans pour autant transformer la réalité vécue dans une grande partie du parc immobilier existant.
« Quand on fait le tour de nos comités, ce qu’on entend, je vais le dire platement, c’est comme si on avait lancé la serviette. Il y a comme une espèce d’échec sur le bien-être minimal dans les CHSLD vétustes. »
Selon elle, le plus inquiétant est que cette situation semble progressivement se normaliser. « Les gens ne font plus de plaintes. Les familles finissent elles aussi par diminuer leurs demandes, leurs standards. C’est excessivement dommage. »
Pour le RPCU, cette résignation soulève une question fondamentale : quel niveau de qualité de vie souhaitons-nous réellement offrir aux personnes hébergées en CHSLD?
Malgré certains investissements, plusieurs résidents vivent encore dans des chambres où la chaleur demeure difficile à supporter pendant les épisodes de canicule. La climatisation, tout comme l’hydratation, ne devrait pas être perçue comme un luxe, mais comme une condition essentielle au bien-être et à la sécurité des personnes les plus vulnérables.
Sylvie Tremblay s’inquiète également du manque de ressources pour assurer une hydratation adéquate des résidents lors des périodes de grande chaleur.
« Quand il fait chaud, ça prend du monde pour aller dans les chambres, hydrater les gens avec un verre d’eau, une paille. Ce qu’on voit en période estivale, c’est que l’hydratation n’est pas là. »
Pour le RPCU, l’amélioration des statistiques ne doit pas masquer une réalité toujours préoccupante. Les épisodes de chaleur extrême étant appelés à se multiplier avec les changements climatiques, l’organisme estime qu’il est urgent de revoir les standards de confort et de soins dans l’ensemble des CHSLD, et non seulement dans les établissements les plus récents.
Pour lire l’article de Daniel Leblanc dans Le Droit, cliquez ici.


