Alors que près de 3 700 personnes âgées attendent une place en hébergement spécialisé au Québec, une centaine de chambres demeurent inutilisées dans les maisons des aînés en raison du manque de personnel.
Invitée à l’émission Lagacé le matin au 98,5 Montréal, la directrice générale du RPCU, Sylvie Tremblay, a appelé le gouvernement à adapter son approche aux besoins réels des aînés et aux ressources disponibles.
« Il faut revoir l’ensemble du modèle », a-t-elle affirmé au micro de Patrick Lagacé, le 9 septembre.
Cette intervention survient alors qu’un paradoxe préoccupant persiste dans le réseau québécois de la santé et des services sociaux : des milliers de personnes âgées attendent une place dans une ressource d’hébergement adaptée à leurs besoins, tandis que des chambres construites pour les accueillir demeurent vacantes.
Quand la pénurie de main d’oeuvre freine les ambitions
Selon les informations rapportées par Le Journal de Montréal, une centaine de chambres seraient actuellement inutilisées dans les maisons des aînés, principalement en raison d’une pénurie de personnel. Pendant ce temps, près de 3 700 personnes sont inscrites sur les listes d’attente pour accéder à un milieu d’hébergement spécialisé.
En entrevue, Mme Tremblay a rappelé que la création des maisons des aînés reposait sur une volonté légitime : offrir aux personnes hébergées des milieux de vie plus humains, plus chaleureux et mieux adaptés que les établissements traditionnels.
Le modèle a notamment été développé dans la foulée des graves défaillances mises en lumière pendant la pandémie de COVID-19. Il devait permettre d’améliorer la qualité des soins, mais aussi le respect de la dignité, de l’intimité et des habitudes de vie des résidents.
Pour la directrice générale du RPCU, cette intention demeure valable. Toutefois, un bâtiment moderne, aussi accueillant soit-il, ne peut remplir sa mission sans les équipes nécessaires pour accompagner les personnes qui y vivent.
L’urgence d’adapter les services
La pénurie de main-d’œuvre oblige maintenant le réseau à revoir ses façons de faire. Pour Sylvie Tremblay, il ne suffit plus de poursuivre le déploiement du modèle tel qu’il avait été imaginé initialement : il faut tenir compte de la capacité réelle du réseau à recruter et à maintenir en poste les professionnels, les préposés et les autres membres du personnel nécessaires.
L’ouverture partielle de certaines maisons des aînés illustre les limites d’une planification centrée sur les infrastructures sans garantie que les ressources humaines suivront.
Le RPCU estime donc qu’une réflexion plus large doit être menée sur l’ensemble de l’offre d’hébergement et de soins aux personnes âgées. Cette réflexion doit inclure les maisons des aînés, les CHSLD, les ressources intermédiaires, les résidences privées pour aînés ainsi que les services de soutien à domicile.
Pour écouter l’entrevue de Sylvie Tremblay à Lagacé le matin, cliquez ici!


