L’accès, le « maître mot » pour les usagers : le RPCU s’invite dans la campagne électorale

22 September 2026

Au cœur de la campagne électorale, chaque occasion de faire entendre la voix des usagers en santé et en services sociaux est précieuse. Le passage de Sylvie Tremblay, directrice générale du RPCU, à l’émission Debout Alma! de Planète 104,5 FM, le 22 septembre, a justement permis de mettre en lumière plusieurs enjeux essentiels pour l’avenir du réseau.

Invitée par l’animateur Antoine Coulombe, Mme Tremblay a rappelé une évidence qui demeure pourtant au cœur des préoccupations de nombreux Québécois : « l’accès, c’est le maître mot ».

Car avoir un système de santé public qui offre des soins de qualité ne suffit pas si les usagers ne parviennent pas à franchir la porte du système au moment où ils en ont besoin…

« Quand tu es rentré dans la machine, on a des bons soins au Québec », a-t-elle souligné. Toutefois, le véritable défi demeure l’accès aux services – car obtenir un suivi ou simplement entrer dans le réseau peut encore relever du parcours du combattant.

De l’accès à la réelle prise en charge

Sylvie Tremblay a également ajouté un deuxième élément incontournable à l’équation : la prise en charge.

Malheureusement, être inscrit auprès d’un groupe de médecine de famille ou d’un médecin ne signifie pas nécessairement être réellement pris en charge, a-t-elle expliqué. On peut avoir « accès à une clinique », mais ne pas réussir à obtenir un rendez-vous.

« Nous, ce que je nous souhaite, c’est une meilleure prise en charge quand tu es inscrit pour pouvoir y aller le jour, le soir et les week-ends », a-t-elle résumé.

Une réalité qui dépasse d’ailleurs la seule médecine familiale. La directrice générale du RPCU a aussi insisté sur la nécessité d’améliorer les services à domicile, alors que de plus en plus de personnes souhaitent demeurer chez elles le plus longtemps possible.

Les mots en « A » et en « P »!

L’échange a aussi donné lieu à quelques clins d’œil bien sentis d’Antoine Coulombe, qui s’est amusé à jongler avec les lettres de l’alphabet pour mettre en lumière les grands débats qui secouent le réseau.

Après le fameux mot en « A » pour austérité, place au mot en « P » : privé. Deux petites lettres, mais qui soulèvent de grandes questions!

Sur l’austérité, Sylvie Tremblay a reconnu qu’une meilleure gestion de la bureaucratie et de la paperasse pourrait contribuer à améliorer l’efficacité du réseau. Mais elle a surtout rappelé que les problèmes se trouvent directement sur le terrain.

« Ce qu’on voit dans le réseau, c’est qu’il y a beaucoup de postes vacants », a-t-elle expliqué, particulièrement chez les travailleurs sociaux, les préposés aux bénéficiaires et les personnes qui offrent des services directs aux usagers, notamment le soir et les week-ends.

Pour le RPCU, il ne suffit donc pas de parler de cadres ou de bureaucratie : il faut aussi s’attaquer aux postes vacants qui affectent directement les services à la population.

Quant au fameux « P », Sylvie Tremblay a appelé à la prudence avant de miser davantage sur le privé. Elle a notamment rappelé que si des ressources humaines et des infrastructures quittent progressivement le réseau public pour répondre aux besoins du privé, cela risque d’avoir des conséquences sur les services publics.

Et lorsqu’on parle de financer des services privés avec la RAMQ, il ne faut pas oublier une chose : « La RAMQ qui va payer, c’est vous et moi. »

Les conséquences de Santé Québec

La conversation s’est finalement tournée vers Santé Québec, dont la mise en place a occupé une place importante dans les dernières années.

Pour Sylvie Tremblay, cette transformation a aussi eu un coût en matière d’attention et de temps. « Je trouve qu’on a peut-être perdu un peu de temps sur la mise en place de Santé Québec au détriment des services », a-t-elle déploré.

Elle observe aujourd’hui une centralisation des opérations et rappelle que les décisions prises par Santé Québec, notamment en matière de postes et de budgets, peuvent avoir des répercussions très concrètes sur les services offerts aux usagers.

Cette intervention aura donc permis au RPCU de rappeler ceci : derrière les structures, les budgets, les réformes et les promesses se trouvent des personnes qui veulent simplement pouvoir accéder aux soins et aux services dont elles ont besoin – et surtout, dont elles ont droit.

Pour écouter l’intervention radio de Sylvie Tremblay, cliquez ici!

Partger cet article