Un médecin sur papier, des rendez-vous dans le brouillard

22 September 2026

Être affilié à un groupe de médecine de famille (GMF) ne signifie pas nécessairement pouvoir obtenir un rendez-vous lorsqu’on en a besoin. C’est ce que met en lumière un nouveau reportage de Davide Gentile et Camille Gaïor, de Radio-Canada, consacré aux enjeux entourant l’accès aux soins de première ligne.

Les journalistes s’intéressent notamment au modèle d’affiliation collective aux GMF, qui permet à des patients d’être rattachés à un groupe de médecins sans nécessairement avoir un médecin attitré. Le reportage montre ainsi le décalage qui peut exister entre le fait d’être considéré comme « pris en charge » dans les statistiques et la réalité vécue par les usagers lorsqu’ils cherchent concrètement à obtenir un rendez-vous.

Pour certains, l’accès passe encore par le Guichet d’accès à la première ligne (GAP), malgré leur affiliation à un GMF. Une situation qui soulève une question fondamentale : peut-on réellement parler de prise en charge lorsqu’un usager peine toujours à obtenir une consultation?

Sylvie Tremblay, directrice générale du RPCU, a d’ailleurs souligné cette importante distiction lors de son passage à l’émission Debout Alma! de Planète 104,5 FM, le 22 septembre.

L’accès ne peut pas être une simple affiliation

Le RPCU le rappelle : l’accès est le maître mot, mais il doit s’accompagner d’une véritable prise en charge.

Une inscription dans un GMF ne doit pas simplement faire disparaître une personne d’une liste d’attente. Elle doit lui permettre d’obtenir les soins et les services dont elle a besoin, dans des délais raisonnables et selon sa situation.

Le gouvernement affirme avoir inscrit plus de 556 000 personnes à un médecin de famille ou à un GMF et soutient que plus de 85 % de la population bénéficie désormais d’un accès. Il reconnaît toutefois que le prochain défi consiste à faire en sorte que ces inscriptions se traduisent concrètement… par davantage de rendez-vous.

C’est précisément là que se situe l’enjeu pour les usagers : une affiliation qui ne permet pas d’obtenir des soins au moment où ils sont nécessaires demeure une prise en charge incomplète.

De l’inscription à la prise en charge réelle

Le RPCU demande donc que les indicateurs de performance du réseau ne se limitent pas au nombre de personnes affiliées ou inscrites. Il faut également mesurer ce qui se passe après l’inscription : la possibilité d’obtenir un rendez-vous, la continuité des soins, l’accès à un professionnel lorsque la situation l’exige et la capacité du réseau à assurer un suivi.

Cette nuance est d’autant plus importante pour les personnes vulnérables, les personnes âgées, celles qui vivent avec une maladie chronique ou celles qui nécessitent un suivi régulier.

Le gouvernement prévoit d’ailleurs que les personnes les plus vulnérables soient priorisées dans l’augmentation graduelle de la prise en charge et annonce des ressources supplémentaires dans les GMF.

L’usager doit voir la différence

Le véritable test d’une réforme du réseau ne devrait pas être le nombre de lettres d’affiliation envoyées, ni le nombre de personnes déplacées d’une liste à une autre.

La réussite d’une réforme ne devrait pas se mesurer uniquement en chiffres ou en statistiques, mais correspondre à une réalité toute simple. Lorsqu’un usager a besoin de soins, peut-il réellement les obtenir?

Le RPCU réitère donc sa demande : l’accès aux services doit demeurer au cœur des priorités et s’accompagner d’une véritable prise en charge.

Car pouvoir obtenir des soins et des services en santé n’est pas seulement une question de besoin, c’est aussi une question de droit.

Pour consulter l’article de Radio-Canada, cliquez ici!

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